Révélations dans la Parole

(Retour Index)

 



Jésus et le Lachon hara

par Jean-Louis Coraboeuf

« Ayant appelé à lui la foule, il lui dit : Ecoutez, et comprenez. Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme ; mais ce qui sort de la bouche, c'est ce qui souille l'homme... Mais ce qui sort de la bouche vient du coeur, et c'est ce qui souille l'homme. Car c'est du coeur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les débauches, les vols, les faux témoignages, les calomnies. Voilà les choses qui souillent l'homme ; mais manger sans s'être lavé les mains, cela ne souille point l'homme » (Matthieu 15:10-11,18-20).

Le roi David psalmodia, "Je marcherai dans l'intégrité de mon coeur, au milieu de ma maison... Celui qui calomnie [לשן, lachan] en secret son prochain, je le réduirai au silence" (Psaume 101:2,5). Partant de la racine 'lachan', les rabbins Juifs ont développé l'expression לשון הרע [lachon hara], la 'langue mauvaise' ou péché de commérage. Ce péché regroupe la calomnie, le faux témoignage, la médisance et, de façon générale, toute parole pouvant causer du tort à autrui, y compris celles prononcées de façon non-délibérée. Dans ce psaume, le roi David symbolise une figure de Jésus qui marche au milieu de sa Maison, l'Eglise.

Face aux pharisiens et aux scribes, Jésus rappela que c'étaient les mauvaises paroles prononcées par leurs lèvres qui souillaient l'homme et non pas le fait de manger sans se laver les mains. En effet, les lèvres révèlent le contenu du coeur. Le lachon hara est le péché de la langue, il touche au moins trois personnes : celui qui parle, celui qui écoute et celui qui est la cible de ces propos. Lorsque nous sommes témoins du lachon hara nous avons la responsabilité de reprendre la personne, "Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul" (Matthieu 18:15). Jean, l'apôtre de l'amour, écrivit au sujet de Diotrèphe, "Si je vais, je rappellerai les actes qu'il commet, en tenant [phluaréo] contre nous de méchants propos" (3 Jean 1:10). Le verbe grec phluaréo signifie bavarder, parler à tort et à travers. L'apôtre Jacques, lui, expliqua combien la langue de l'homme se domptait difficilement, car par elle sortait aussi bien la bénédiction que la malédiction (Jacques 3).

De même que David ne tolérait pas la calomnie dans sa maison royale et la réduisait au silence, Jésus ne tolère pas ce péché de commérage dans Son Eglise. En tant que membres de la Maison de Dieu, nous sommes invités à réduire au silence toute parole mauvaise qui attriste le Saint-Esprit (Ephésiens 4:29-32). Et en tant que serviteurs de Dieu, nous avons l'autorité du Nom de Jésus-Christ pour réduire au néant toute mauvaise parole prononcée contre nous, "Toute arme forgée contre toi sera sans effet ; et toute langue [לשון] qui s'élèvera en justice contre toi, tu la condamneras. Tel est l'héritage des serviteurs de l'Eternel, tel est le salut qui leur viendra de moi, dit l'Eternel" (Esaïe 54:17).