Révélations dans la Parole

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Un homme avait deux fils

par Jean-Louis Coraboeuf

« Il dit encore : Un homme avait deux fils [huios]. Le plus jeune dit à son père : Mon père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, partit pour un pays éloigné, où il dissipa son bien en vivant dans la débauche... Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et le l'embrassa... Mais le père dit à ses serviteurs : Apportez vite la plus belle robe, et revêtez-le ; mettez-lui un anneau au doigt, et des souliers aux pieds... Or, le fils aîné était dans les champs. Lorsqu'il revint et approcha de la maison, il entendit la musique et les danses. Il appela un des serviteurs, et lui demanda ce que c'était... Mon enfant [teknon], lui dit le père, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi ; mais il fallait bien s'égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu'il est revenu à la vie, parce qu'il était perdu et qu'il est retrouvé » (Luc 15:11-32).

Les pharisiens et les scribes reprochèrent à Jésus d'accueillir les gens de mauvaise vie et de manger avec eux (Luc 15:1-2). Alors il leur raconta trois paraboles, celle de la brebis perdue, celle de la drachme perdue et celle de l'homme qui avait deux fils. Ces derniers étaient appelés 'fils' [huios] parce qu'ils avaient atteint une certaine maturité et qu'ils pouvaient légalement entrer dans leur héritage (Galates 4:1-7). Le fils cadet réclama donc sa part, et le père la lui donna ainsi qu'au fils aîné (Luc 15:11). Conformément à la loi, le père garda une moitié pour lui et partagea l'autre moitié entre ses deux fils, l'aîné recevant le double du cadet. C'est ici une parabole du Royaume de Dieu relative à Son peuple, Israël, l'aîné représente les pharisiens et les scribes, et le cadet représente les publicains et les pécheurs.

Le cadet, bien qu'ayant reçu sa part du Royaume, ne sut pas la gérer. Il dilapida tout son héritage en menant une mauvaise vie. Mais il se repentit et revint vers son père qui lui rendit une dignité en lui offrant une nouvelle alliance (en Jésus), en le revêtant d'une nouvelle robe (le manteau du salut), et en organisant une fête pour ce fils retrouvé, comme l'homme se réjouit avec ses amis lorsqu'il retrouva sa brebis perdue et la femme, elle aussi, se réjouit avec ses amies lorsqu'elle retrouva sa drachme perdue.

L'aîné, qui lui aussi reçut sa part du Royaume, ne sut pas la gérer, non plus. Il se comporta en esclave (sous la loi) et non en fils (libre) dans la maison de son père (Jean 8:31-35). Il fut jaloux de l'accueil du père lors du retour de son frère cadet car la loi apporte la compétition et la jalousie. C'est pourquoi il ne put ni se réjouir avec les gens de la maison, ni se repentir de son attitude. Ce fils représente la génération de ceux qui ne purent pleurer lorsque leur frère fut perdu et qui ne purent danser lorsque celui-ci fut retrouvé (Matthieu 11:16-19). Alors le père n'appela plus son aîné (les pharisiens et les scribes), fils [huios], mais enfant [teknon], ce qui lui ôta le droit d'héritage du Royaume.

Jésus avait déjà prévenu les pharisiens et les scribes, "Les publicains et les prostituées vous devanceront dans le Royaume de Dieu" (Matthieu 21:31) et le "Royaume de Dieu vous sera enlevé" (Matthieu 21:43). Les pharisiens et les scribes fermèrent ainsi le Royaume de Dieu à ceux qui les suivirent et n'y entrèrent pas eux-mêmes (Matthieu 23:13), persuadés d'être justes (Luc 18:9-14). Mais le Père, plein de compassion, est toujours prêt à accueillir celui qui se repent.