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Siddour



Le Siddour (mot hébreu, pluriel siddourim) est un livre de prières Juif que l'on trouve dans le monde entier ; il contient un ensemble de prières quotidiennes.

Les prières Juives les plus anciennes sont le 'Shema Yisrael' ("Ecoute ô Israël") selon Deutéronome 6:4, et la bénédiction sacerdotale selon Nombres 6:24-26 (qui sont dans la Torah). Un ensemble de dix-huit (actuellement dix-neuf) bénédictions appelé le 'Shemoneh Esreh' ou 'Amida' (signifiant "prière debout") est traditionnellement imputé à la Grande Assemblée (assemblée de 72 rabbins) au temps d'Esdras, à la fin de cette période biblique.

Le nom 'Shemoneh Esreh', littéralement 'dix-huit', est un anachronisme historique, puisque maintenant il contient dix-neuf bénédictions. Ce fut seulement vers la fin de la période du Second Temple que les dix-huit prières de la semaine 'Amida' devinrent standardisées. Et même à cette période, les mots précis et l'ordre n'étaient pas encore fixés, et variaient selon le lieu. De nombreux érudits modernes pensent qu'une partie de la 'Amida' vient des travaux hébraïques apocryphes Ben Sira.

Selon le Talmud, aussitôt après la destruction du Temple de Jérusalem une version officielle de la 'Amida' fut adopté par le Conseil rabbinique de Yavné, sous la direction du Rabbin Gamaliel II et ses collègues. Cependant les termes précis restaient encore à venir. L'ordre, les idées générales, le début et la fermeture des lignes furent fixées. Mais la plupart des mots restaient à l'appréciation du lecteur. Ce ne fut que plusieurs siècles plus tard que les prières commencèrent à être formellement établies. Ce fut donc au Moyen-Age que les textes des prières furent établis, tels que nous les trouvons aujourd'hui.

Des lectures dans la Torah (les cinq livres de Moïse) et dans les "Prophètes" (Nevi'im) faisaient partie de l'office de prière. A cette structure, différents sages Juifs ajoutèrent, de temps en temps, des prières variées, et à l'occasion des fêtes, de nombreux hymnes.

La plus ancienne codification existante fur écrite par le rabbin Amram Gaon de Sura, à Babylone, aux environs de 850 après Jésus-Christ. Un demi-siècle plus tard, le rabbin Saadiaa Gaon, lui aussi de Sura, composa un Siddour, dont la rubrique était en arabe. Ce furent les fondements du Vitry Machzor de Simcha ben Samuel (au 11ième siècle en France), inspiré des idées de son professeur Rashi. A partir de ce moment-là, tous les livres de prières Juifs eurent le même ordre et le même contenu.

Le Siddour fut imprimé par Soncino en Italie dès 1486, bien qu'il fut distribué massivement qu'en 1865. Le Siddour commença à apparaître en langue vernaculaire dès 1538.