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Pharisiens



Le mot Pharisiens vient de l'hébreu p'roushim (singulier paroush, venant de parash signifiant "se séparer"), qui vient lui-même de la racine du mot araméen oupharsin (« ... et divisé ») écrit sur le mur en Daniel 5:25. Suivant les périodes, les Pharisiens étaient soit un parti politique, soit un mouvement social ou soit une école de pensée Juive qui prospéra pendant l'ère du Second Temple (de 536 avant Jésus-Christ à 70 après).

Après la destruction du Second Temple, la secte Pharisaïque fut ré-établie comme Judaïsme rabbinique – qui, en fin de compte, produisit le Judaïsme traditionnel normatif, la base de toutes les formes contemporaines du Judaïsme. Le lien entre les Pharisiens et le Judaïsme rabbinique (illustré par le Talmud) est si proche que beaucoup ne font pas de distinction entre les deux. Néanmoins, la réputation sociale et les croyances des Pharisiens changèrent au cours du temps, comme les conditions politiques et sociales changèrent en Judée.

Plus précisément, les Pharisiens étaient un des groupes succédant aux Hassidim. La première mention des Pharisiens est faite par l'historien Juif-Romain Josèphe dans une description des quatre "écoles de pensée" (c'est-à-dire groupes ou mouvements sociaux) selon lesquels les Juifs étaient répartis au premier siècle de notre ère. Les autres écoles étaient les Esséniens, les Zélotes et les Saducéens. Cependant Josèphe indique que les Pharisiens avaient le soutien et une bonne réputation auprès du peuple Juif en général.

Pour une grande part de leur histoire, les Pharisiens se définissent eux-mêmes par leur opposition aux Saducéens. Les conflits entre les Saducéens et les Pharisiens prirent place dans un contexte de conflits beaucoup plus grands parmi les Juifs pendant la période du Second Temple qui suivit la captivité babylonienne de Juda :

  • un conflit concernait les classes, entre le riche et le pauvre.

  • un autre conflit était culturel, entre ceux qui étaient favorables à l'hellénisation et ceux qui résistaient.

  • un troisième était juridico-religieux, entre entre ceux qui insistaient sur l'importance du Temple et ceux qui insistaient sur l'importance des autres lois Mosaïques et des valeurs prophétiques.

  • un quatrième, expressément religieux, concernait différentes interprétations de la Bible et comment appliquer la Torah à la vie Juive.

Ces conflits définissent pratiquement l'ère du Second Temple, un temps où le Temple a une grande autorité mais une légitimité discutable, et un temps où la littérature sacrée de la Torah et de la Bible hébraïque fut canonisée.

En général, là où les Saducéens étaient conservateurs, aristocrates et monarchistes, les Pharisiens étaient éclectiques, populaires et plus démocrates. La position pharisaïque est illustrée par cette affirmation : "un débutant mamzer l'emporte sur un Grand Prêtre ignorant". (Un mamzer est un paria [individu hors classe], un enfant issu d'une relation interdite, telle que l'adultère ou l'inceste ; ce mot est souvent, mais incorrectement, traduit par 'illégitime' ou 'bâtard').

Selon le Nouveau Testament de nombreux Pharisiens acceptèrent Jésus comme Messie, Seigneur et Sauveur : « Quelques-uns parmi ceux qui avaient cru étaient du parti des Pharisiens » (Actes 15:5), comme Paul le fit : « Frères, je suis un Pharisien, fils de Pharisiens » (Actes 23:6).