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Haftarah



La Haftarah (mot hébreu signifiant "séparation" ; pluriel : haftorot) est une sélection de textes des livres des Prophètes (Nevi'im) qui sont lus publiquement dans les synagogues après la lecture de la Torah le jour du Shabbat, et aussi pendant les fêtes Juives et les jours de jeûne. La Haftarah a habituellement un lien thématique avec la lecture de la Torah qui la précède. Lorsque la Haftarah est lue dans les synagogues, elle est chantée avec les cantillations (signes particuliers ou marques dans les textes massorétiques de la Bible hébraïque qui viennent en complément des lettres et des voyelles), et les bénédictions apparentées sont aussi lues avant et après elle.

Personne ne connaît l'origine certaine de la lecture de la Haftarah, mais plusieurs théories ont été mises en avant. Voici l'explication la plus commune, acceptée par les autorités traditionnelles Juives : en 168 avant Jésus-Christ, les Juifs qui étaient sous la férules du roi Séleucide Antiochos IV Epiphane, se virent interdits de lire la Torah, ils firent alors un substitut. Lorsqu'ils purent à nouveau lire le Pentateuque, ils gardèrent aussi la lecture de la Haftarah.

Une autre explication, offerte par les rabbins Reuven Margolies et Samson Raphael Hirsh, est que la lecture de la Haftarah fut instituée pour combattre l'influence des sectes du Judaïsme qui considéraient que la Bible hébraïque était uniquement composée du Pentateuque. Cependant toutes les explications offertes concernant l'origine de la lecture de la Haftarah ont des difficultés sans réponse.

Il est certain que la Haftarah était lue (peut-être pas obligatoirement ou pas dans toutes les communautés) aux environs de l'an 70 après Jésus-Christ : le Talmud mentionne que la Haftarah était lue en présence du rabbin Eliezer ben Hyrcanus qui vivait à cette époque-là. Cependant, le rabbin Yosef Karo signale que pendant des années il n'y avait pas de haftorot prêtes : chaque maftir (le préposé à la lecture de la Haftarah) choisissait un passage approprié dans les Prophètes (Nevi'im). Avec le temps, des choix furent établis dans certaines communautés ; aujourd'hui, on ne peut pas choisir sa propre Haftarah car cela irait à l'encontre des coutumes acceptées. Les explications du rabbin Karo nous aident à comprendre pourquoi les communautés ont des coutumes différentes face à ce qui doit être lu en tant que Haftarah.