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Baraïta



La Baraïta (araméen ברייתא, 'externe', 'en dehors', pluriel baraïtot) désigne une tradition de la Loi Orale Juive non incorporée dans la Mishna. Ainsi la Baraïta fait référence aux enseignements 'en dehors' des six Ordres de la Mishna. Originellement, la Baraïta faisait probablement référence aux enseignements des écoles en dehors des principales académies de l'ère mishnaïque – bien que dans des compilations plus tardives, des Baraïtot personnelles furent souvent écrites par des sages de la Mishna (Tannaïm).

Parce que la Mishna contient la Loi Orale complète sous une forme voulue compacte (conçue pour faciliter et forcer à la transmission orale), beaucoup de versions diverses et variées, avec des explications additionnelles, des clarifications et des règles, ne furent pas inclues dans la Mishna. Celles-ci furent plus tard compilées dans des ouvrages appelés 'Baraïtot' – souvent sous la forme d'une succession d'enseignements d'un sage. La Baraïta peut donc ainsi désigner une collection de telles traditions. Les principaux recueils de Baraïta sont la Tosefta et les Midrashim halakhriques (Mekhilta, Sifra et Sifre).

L'autorité de la Baraïta est quelque peu inférieure à celle de la Mishna. Néanmoins, ces oeuvres sont des textes fondamentaux de référence utilisés par les sages talmudiques pour leur analyse et leur interprétation de la Mishna. A ce point, un enseignement tiré de la Baraïta est habituellement introduit par le mot araméen 'Tanya' (signifiant "ce fut enseigné oralement") ou par 'Tanou Rabanan' (signifiant "Nos rabbins l'ont enseigné oralement"), alors que 'Tnan' (signifiant "Nous l'avons enseigné oralement") présente une citation de la Mishna. Des Baraïtot anonymes sont souvent attribuées à un Tannaïm particulier par le Talmud. Mais dans le Talmud de Jérusalem, les références aux Baraïtot sont moins courantes.

Le style de la Baraïta est fondamentalement indistinct de celui de la Mishna, cependant certains s'approchent davantage des expressions mishnaïques. Par exemple, le second chapitre de Kallah Rabbathi, une compilation de la Baraïta, est souvent ajouté à Pirkei Avoth, car les deux sont similaires dans leur style et leur contenu.