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La porte de l'espérance

par Jean-Louis Coraboeuf

« Bien plus, nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l’affliction produit la persévérance, la persévérance la victoire dans l’épreuve, et cette victoire l’espérance. Or, l’espérance ne trompe point, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné » (Romains 5:3-5).

Que ce soit en hébreu ou en grec, l'espérance est une attente confiante de quelque chose que nous désirons (c'est aussi la définition du dictionnaire français Hachette) ; ceci est parfaitement exprimé par le roi David, "Oui, mon âme, confie-toi en Dieu ! Car de lui vient mon espérance" (Psaume 62:6). En hébreu (תִּקְוָה, tikvah ayant donné le titre de l'hymne national israélien הַתִּקְוָה "l'espoir"), comme en grec, le mot "espérance" a pour racine le verbe "attendre" ou "s'attendre à".

La véritable espérance vient de Dieu seul, "Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint-Esprit !" (Romains 15:13). Elle est le fruit de notre foi en Jésus-Christ.

Espérance ou illusion

L'espérance peut avoir plusieurs sources, Dieu ou les hommes ; c'est pourquoi elle devra être testée. Et c'est Dieu qui sera l'auteur de ce test (ou épreuve) :

« Car tu nous as éprouvés, ô Dieu ! Tu nous as fait passer au creuset comme l’argent... Mais tu nous en as tirés pour nous donner l’abondance (la plénitude) » (Psaume 66:10,12).

Si l'espérance vient de Dieu, elle va se fortifier au travers de l'épreuve, mais si celle-ci vient de l'homme elle risque de nous décevoir car elle ne passera pas l'épreuve. Dieu a répandu son amour dans notre coeur par le Saint-Esprit, c'est pourquoi nous croyons que toutes choses concourent à notre bien. En effet, si nous savons intimement que Dieu nous aime, nous n'aurons pas peur de l'épreuve car avec elle, Il nous donnera la force pour la supporter et Il préparera aussi le moyen pour en sortir (1 Corinthiens 10:13).

L'épreuve a toujours un but, Dieu veut parler à notre coeur :

« C’est pourquoi, voici, je l’attirerai, et je la ferai aller au désert, et je parlerai à son coeur. Et de là je lui donnerai ses vignes, et la vallée d’Acor, comme une porte d’espérance ; et elle y chantera comme au temps de sa jeunesse, comme au jour où elle remonta du pays d’Égypte » (Osée 2:14-15).

Nous pouvons toujours refuser de venir ou de rester un certain temps dans le désert. Mais si nous croyons dans les promesses de Dieu, celles-ci s'accompliront avec la sortie du désert ; au temps voulu, Dieu nous redonnera alors la joie (la vigne produit le vin qui réjouit le coeur de l'homme selon le Psaume 104:15) et transformera la vallée d'Acor en porte d'espérance [פתח תִּקְוָה, Pétah Tikvah] (la vallée d'Acor est la vallée du tourment et de l'affliction, là où Acan fut lapidé à cause de sa désobéissance).

Oui Dieu veut nous attirer au désert pour parler à notre coeur, afin que nous nous confions en Lui seul. Il veut que nous ayons un seul Dieu, mais Il veut aussi nous ouvrir une nouvelle porte sur l'espérance : celle qui naît d'une relation intime avec Lui.

L'espérance, un cordon et une ancre

Le mot hébreu tikvah signifie espérance mais aussi corde ou cordon, comme dans ce verset de Josué :

« A notre entrée dans le pays, attache ce cordon [תִּקְוָה, tikvah] de fil cramoisi à la fenêtre par laquelle tu nous fais descendre, et recueille auprès de toi dans la maison ton père, ta mère, tes frères, et toute la famille de ton père » (Josué 2:18).

Ce cordon de fil cramoisi fut pour Rahab et sa famille l'espérance du salut lors de la prise de Jéricho.

« Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide ; elle pénètre au-delà du voile, là où Jésus est entré pour nous comme précurseur, ayant été fait souverain sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek » (Hébreux 6:19-20).

L'auteur de la Lettre aux Hébreux comprit que la véritable espérance était comme une ancre solide pour notre âme ; cette espérance-là se situe dans le Lieu Très Saint où nous avons accès en Jésus-Christ.

Parce que leur frère Lazare était mort, Marthe et Marie n'avaient plus d'espérance immédiate bien qu'elles croyaient à la résurrection du dernier jour, "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort" (Jean 11:21). Jésus leur dit, "Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt" (Jean 11:25).

Jésus est Celui qui nourrit notre espérance quotidienne comme la lumière nourrit les plantes, "Si quelqu’un marche pendant le jour, il ne bronche point, parce qu’il voit la lumière de ce monde" (Jean 11:9). L'espérance est donc un moyen d'atteindre le but de Dieu, nous ne pouvons donc pas la fabriquer nous-mêmes, mais nous la recevons en Jésus-Christ.

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