Enseignements

 

 



Les deux oliviers

par Jean-Louis Coraboeuf

« Mais, si quelques-uns des rameaux ont été brisés [ekklao], toi qui étais un olivier sauvage, tu as été greffé parmi eux, et tu es devenu coparticipant [sugkoinonos] de la sève de la racine de l'olivier, ne te glorifie pas aux dépens des rameaux ; si tu te glorifies, ce n'est pas toi qui portes la racine, mais c'est la racine qui te porte. Tu diras donc, 'Des rameaux ont été brisés [ekklao], afin que moi je sois greffé'. Très bien ! ils ont été brisés [ekklao] par leur manque de foi, et toi au contraire tu subsistes par la foi. Ne t'enorgueillis pas, mais crains ; en effet, si Dieu n'a pas épargné les branches naturelles, il ne t'épargnera pas non plus. Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu, la sévérité envers ceux qui sont tombés, la bonté de Dieu envers toi, si tu persévères dans cette bonté ; puisque autrement, toi aussi, tu seras coupé. Et eux aussi, s'ils ne persistent pas dans leur manque de foi, ils seront greffés, car Dieu est puissant pour les greffer de nouveau. En effet, si toi, tu as été coupé de l'olivier qui selon la nature était sauvage, et as été greffé contre nature sur l'olivier franc, combien plus ceux qui en sont selon la nature seront-ils greffés sur leur propre olivier ? » (Romains 11:17-24 Interlinéaire).

L'apôtre Paul considère qu'il y a deux oliviers [élaios], l'un s'appelle agri-élaios, l'olivier naturel ou sauvage, et l'autre kalli-élaios, l'olivier cultivé. Dieu considérait Israël comme "un Olivier verdoyant, remarquable par la beauté de son fruit" (Jérémie 11:16), c'est pourquoi Paul considère aussi qu'Israël est kalli-élaios, c'est-à-dire littéralement "l'olivier le meilleur" parce que sa racine est sainte (Romains 11:16). En effet, Paul, lui-même Israélite de naissance, considère ce qu'ils ont reçu (Romains 9:4-5) :

  • l'adoption – ils sont devenus les enfants de Dieu (Exode 4:22),

  • la gloire – la Shékina était avec eux (Exode 13:31),

  • les alliances – Dieu fit alliance avec Abraham (Genèse 17) et Moïse (Exode 19-24), et Il la renouvela avec la Maison d'Israël (Jérémie 31:31) à travers Jésus (Matthieu 26:28) pour qu'elle soit accessible aux Gentils,

  • le don de la Torah – Dieu donna la Torah à Moïse sur le Mont Sinaï et par Jésus l'Alliance renouvelée fut instituée en Torah (Hébreux 8:6),

  • le service dans le Temple – culte offert par les sacrificateurs pour le pardon des péchés avant qu'il ne soit remplacé par le sacrifice de Jésus sur la croix (Hébreux 10:9-10),

  • les promesses – la rédemption, la réconciliation avec Dieu et la venue du Messie,

  • et les patriarches – Abraham, Isaac et Jacob ont fondé la nation et reçu les promesses qui ont été accomplies en Jésus (2 Corinthiens 1:20),

  • et de qui est issu, selon la chair, le Messie, qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement. Amen !".

L'apôtre Paul rappelle que, "en ce qui concerne l'élection, ils (les Israélites) sont aimés à cause de leurs pères ; car les dons et l'appel de Dieu sont irrévocables" (Romains 11:28-29).

Le plan de Dieu pour les païens

Lorsque nous acceptons l'oeuvre de Jésus-Christ sur la croix, Dieu nous coupe de l'olivier sauvage pour nous greffer sur l'olivier franc afin d'en recevoir toute la sève nécessaire à notre développement. Paul utilise le verbe grec sugkoinonos signifiant 'avoir en commun'. Dieu nous sépare donc de l'olivier sauvage pour nous ajouter à l'olivier franc afin que nous ayons en commun avec les rameaux déjà existants tout ce qu'ils ont reçu, c'est-à-dire tout ce dont parla Paul précédemment. Le mot grec koinonos vient de koinonia qui signifie communion, contribution, libéralité. Puisque nous partageons [koinonos] les ressources spirituelles de l'olivier franc, nous sommes aussi appelés à exercer notre libéralité [koinonia] envers les autres rameaux (Romains 15:26) et donc à prendre soin des frères de Jésus, c'est-à-dire les Juifs (Matthieu 25:31-46).

Et si Dieu prend soin de nous greffer sur l'Olivier franc, Israël, c'est bien parce que Ses plans vis-à-vis de Son peuple n'ont pas changé. Et nous devons considérer cela comme émanant de la grâce de Dieu. Dieu fait cela par pure grâce afin que nous ne puissions pas nous enorgueillir.

La bonté et la sévérité de Dieu

Si la bonté de Dieu s'est exercée en notre faveur, nous devons aussi considérer sa sévérité envers les Israélites afin d'avoir compassion de Son peuple. En effet, c'est parce que une partie des rameaux de l'olivier franc s'est brisée [ekklao] que nous avons eu accès à cette grâce divine. Le verbe grec ekklao signifie briser, éclater en se brisant ; l'apôtre Paul l'utilise pour qualifier les rameaux qui se sont séparés de l'Olivier franc.

« C'est l'Eternel des armées que vous devez sanctifier, c'est lui que vous devez craindre et redouter. Et il sera un sanctuaire, mais aussi une pierre d'achoppement, un rocher de scandale pour les deux maisons d'Israël, un filet et un piège pour les habitants de Jérusalem. Plusieurs trébucheront ; ils tomberont et se briseront [shabar], ils seront enlacés et pris » (Esaïe 8:13-15).

Le verbe hébreu shabar est l'équivalent du verbe grec ekklao. En réalité, tous les Israélites qui n'ont pas accepté Jésus comme Messie se sont heurtés à Lui et se sont brisés, se trouvant ainsi séparés de l'Olivier franc. Dieu est sévère envers eux parce qu'ils ont rejeté la Pierre principale du Sanctuaire (Psaume 118:22) bien qu'ils aient eu tout ce qui permettait de reconnaître Son Messie en la personne de Jésus. Mais Dieu est puissant pour les greffer à nouveau sur leur propre Olivier franc s'ils acceptent Son Fils comme Messie. Et c'est ce qu'Il fait avec les Juifs messianiques.

La bonté de Dieu va de pair avec Sa sévérité, car Dieu est amour et Son trône est fondé sur la justice et l'équité (Psaume 89:15). Ce que Dieu a annoncé dans Sa Parole est la base de Sa justice, et Dieu ne peut changer. C'est pourquoi nous devons, nous aussi, considérer que la sévérité de Dieu peut aussi s'exercer pour nous si nous ne demeurons pas dans Sa bonté. En effet, Dieu jugera l'Eglise babylonienne, "J'étais irrité contre mon peuple, j'avais profané mon héritage, et je les avais livrés entre tes mains : Tu n'as pas eu pour eux de la compassion, tu as durement appesanti ton joug sur le vieillard" (Esaïe 47:6). Dieu avait profané son héritage en le dispersant parmi les nations (diaspora), mais Il demandait aux 'goyim' d'avoir compassion d'eux car leur punition était suffisamment sévère pour ne pas en rajouter par notre attitude. Alors demeurons dans la bonté de Dieu :

« Et moi, je suis dans la maison de Dieu comme un olivier verdoyant, je me confie dans la bonté de Dieu, éternellement et à jamais » (Psaume 52:8).

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