Enseignements

 

 



Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom

par Jean-Louis Coraboeuf

« Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont assemblés [sunago] en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18:19-20).

Le verbe grec sunago signifie réunir ensemble pour délibérer, ramener à l'unité, grouper des forces en vue d'un combat et recevoir chez soi. Ceci est illustré par ces quatre versets :

  • "Les apôtres et les anciens se réunirent [sunago] pour examiner cette affaire" (Actes 15:6),

  • "c’était aussi afin de réunir [sunago] en un seul corps les enfants de Dieu dispersés" (Jean 11:52),

  • "Les soldats assemblèrent [sunago] autour de lui toute la cohorte" (Matthieu 27:27),

  • "j’étais étranger, et vous m’avez recueilli [sunago]" (Matthieu 25:35).

Ce verbe est à l'origine du nom synagogue [sunagogé] qui désigne un lieu de réunion ou une assemblée. Nous devons aussi considérer que ces deux versets sont situés au milieu d'un enseignement sur le pardon (Matthieu 18:15-35).

Si ton frère a péché

« Si ton frère a péché, va et reprends-le [elegcho] entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Eglise ; et s’il refuse aussi d’écouter l’Eglise, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre le sera parce que cela aura été lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez [luo] sur la terre le sera parce que cela aura été délié [luo] dans le ciel » (Matthieu 18:15-18).

Il est important de comprendre que le péché nous lie à la personne contre qui nous péchons en créant une dette. Par contre, le pardon nous délie en nous séparant des personnes et des dettes ; Jésus met cela en évidence en répondant à la question de Pierre "combien de fois pardonnerai-je à mon frère ?", "C’est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu’il soit vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu’il avait, et que la dette soit acquittée. Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit : Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Emu de compassion, le maître de ce serviteur le délia [apo-luo, délier par séparation], et lui remit la dette" (Matthieu 18:27 Interlinéaire).

Lorsque nous avons vu un frère pécher ou lorsque quelqu'un a péché contre nous, Jésus nous demande de reprendre cette personne. Le verbe grec est elegcho et signifie littéralement convaincre de péché ou d'erreur, éprouver, montrer la vraie nature, montrer la vérité. Le but est d'amener la personne à reconnaître sa faute pour en demander pardon afin d'en être libéré (délié). Mais il y a aussi une autre raison d'effectuer cette démarche, elle est soulignée par le Lévitique, "tu auras soin de reprendre ton prochain, mais tu ne te chargeras point d’un péché à cause de lui" (Lévitique 19:17). En effet, le fait de voir quelqu'un pécher et ne rien faire nous charge en quelque sorte d'un autre péché, celui de ne rien dire et de rien faire ou de propager le péché.

L'Eglise Corps du Christ

Nous devons considérer que l'Eglise est un Corps, et si un membre pèche c'est tout le Corps qui en est affecté. Pour le bien du Corps tout entier et pour le bien de celui qui a péché, nous nous devons d'agir avec amour auprès de la personne considérée. Cette démarche peut se faire, si besoin est, en présence de plusieurs témoins, "Un seul témoin ne suffira pas contre un homme pour constater un crime ou un péché, quel qu’il soit ; un fait ne pourra s’établir que sur la déposition de deux ou de trois témoins" (Deutéronome 19:15).

C'est pourquoi il faut être au moins deux pour valider le témoignage auprès de l'Eglise. Jésus rappelle qu'il est nécessaire de se séparer d'un membre qui refuse de reconnaître qu'il pèche et que ceci ne peut se faire légalement qu'en étant au moins deux ou trois à le demander au Père céleste.

L'apôtre Paul fut amené à prendre ce genre de décision, "Maintenant, ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir des relations avec quelqu’un qui, se nommant frère, est débauché, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. Qu’ai-je, en effet, à juger ceux du dehors ? N’est-ce pas ceux du dedans que vous avez à juger ? Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Otez le méchant du milieu de vous" (1 Corinthiens 5:11-13).

De plus

« De plus je vous dis que, si deux d’entre vous s’accordent [sumphonéo] sur la terre au sujet de toute affaire [pragma], ce qu'ils demanderont leur sera accordé par mon Père qui est dans les cieux. En effet, là où deux ou trois sont rassemblés [sunago] en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18:19-20 Interlinéaire).

Ces deux versets amènent à une extrapolation au sujet de l'Eglise. L'Eglise existe là où deux personnes sont rassemblées dans le nom de Jésus ; le verbe sunago permet de dire que le rassemblement peut aussi être chez soi, c'est-à-dire dans une maison. Jésus dit que deux choses sont essentielles pour demander quoi que ce soit au Père céleste : être en accord (en symphonie, en harmonie) et être unis par le nom de Jésus. L'important c'est l'unité du groupe qui ne peut venir que si chaque personne est d'abord en accord avec Dieu et avec Sa Parole.

Le mot grec pragma signifie tâche à accomplir, affaire en cours, événement, action militaire, chose réelle (peut aussi être une personne). Jésus nous dit que pour toute chose, toute action, toute affaire, toute personne, nous pouvons nous adresser à notre Père céleste, et Il répondra à notre demande. Cela signifie aussi que toute décision prise dans l'Eglise ne peut être faite par une seule personne, mais doit être faite de façon collégiale par un groupe de personnes.

Jésus nous montre que dès que nous parlons de Lui, il vient au milieu de nous ; c'est ainsi que deux disciples s'entretenaient des événements récents tout en marchant vers Emmaüs, et Jésus vint les rejoindre pour leur expliquer les Ecritures (Luc 24:13-35). De même il rejoignit ses disciples qui étaient enfermés dans un lieu à cause de la crainte de la persécution (Jean 20:19-23) ; ainsi Jésus passe au travers de nos murs de craintes pour nous rejoindre lorsque nous sommes réunis en son nom.

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